Nomades sur le fil du temps et des...  
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THE LOST PEOPLE OF A LOST COUNTRY...

Une société peut-elle survivre et progresser sur la base de la seule économie  pastorale ?

Cette question est d’autant plus d’actualité que nous venons de faire face à une terrible famine dans la Corne d’Afrique.

Je ne puis parler  pour les autres pays, mais en ce qui concerne la Somalie la voilà revenue aux mêmes conditions que celle de la dernière grande famine.

A l’époque les enquêtes avaient démontrés et fait cruellement émerger la réalité que le régime pastorale est  l’un des plus fragile qui puisse exister, car soumis aux aléas du temps, aux  pâturages de plus en plus en perte de végétation et aux maladies du bétail.

Le régime alimentaire 'cad iyo caano' ( viande et lait) si caractéristique de la vie pastorale  a certainement fait ses preuves, cependant il a ses limites.

Pour cette raison à l’époque de la première grande famine et devant la déferlante vers le sud des réfugiés , l’idée avait fait son chemin qu’il fallait aborder le problème d’une autre manière qu’avec la seule distribution de nourriture et des tentes.

A l’époque on parlait librement des problèmes devant les assemblée populaires et c’est ainsi qu’il fût offert à chacun des réfugiée ou famille de réfugies, parfois l’ensemble d’un village entiers de réfugiés  ; la possibilité de se sédentariser de deux manières :

  1. comme agriculteurs et éleveurs de bétail : des terrains dans le sud étaient offert avec la logistique et le suivi nécessaire ;
  2. ou faire partie des ‘danwadaagaha ‘ sorte de coopératives de pécheurs ou d’ artisans : exemple dans la ville côtière de Warsheeg ;

C’était sans compter sur ce cancer qui érode de l’intérieur  la société somalienne et dont nul ne parle ni admet l’existence ;  je veux parler de la réalité honteuse des castes et de l’imperméabilité des frontières les délimitant.

‘Comment osez-t-on proposer à un noble nomade, éleveurs d’un noble bétail, le travail d’une sous-espèce telle que des midgaan.’ Voilà une parmi les réponses habituelles.

La société de l’époque n’a pas bougé d’un iota, et malgré le fait que les autorités aient réussit tant bien que mal a faire démarrer quelques coopérative la plus part de ceux qui étaient parti cultiver des terres ou intégrés les coopératives , revint aussi tôt se réinstaller dans les camps des réfugiée.

Devant cette amère constatation d’échec, force est de se questionner sur les chances qu’a de progresser la société somalienne : la réponse n’était pas encourageante déjà à l’époque et  aujourd’hui, alors que des Fous mènent les affaires, elle l’est moins encore .

Pourtant une énigme demeure, comment les Sud, lors de la dernière grande famine , a-t-il pu a lui seul prendre en charge tous ses réfugiés du nord : j’en témoigne j’y étais ( nous faisions partie des jeunes dispatchés pour aider à l’alphabétisation et à la sédentarisation des nomades) .
La réponse a cette question fera grincer bien des dents: mais elle n’en demeure pas moins vraie.


Reprenons notre tableaux de la société somalienne : nous avons donc à la base :


1) -une population majoritairement nomade, pastorale et en mouvement ; qui constitue le haut du panier de la société somalienne, avec même dans certains cas des ‘suldaan’ des ‘boqor ‘ des ‘capo qabiil’, des malaaq  etc..

2)-ensuite, une population citadine, au service de la bureaucratie, héritage et avenant coloniale avec, à ses frontières, des marchés tertiaires  aux mains de castes d’artisans, telles que :

- Les ‘Midgaan’  caste des chasseur – cueilleurs- éleveurs parfois- potiers- sorciers et guérisseurs, mais maudits et intouchables parce qu’ils consomment des animaux morts ‘wax bakhtiye’. Pourtant, ironie du sort c’est eux qui confectionnent les étuis en cuir et les ‘makaraan’ ( sorte des sac portables contenant des invocations sacrées.), destinées à l’usage des Wadaad et autres devins .
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- Les ‘Tumaal’ : forgerons  et créateurs de toute pièces de rechange  possible, ils produisent et sont les SAV des  ‘gaari-dameer’ ;

- Les ‘ Jaaji ’ : pécheurs et consommateurs des fruits de mer ( ce que ne fait pas la plus grands parties de la population somalienne ;

-Les ‘Yaxar’ : qui façonnent le coton et filent les tissus ( alindi) ainsi que les dirin= nattes ( ce dernier art c’est bien démocratisée. Les nattes étant de premier nécessités  :  chaque femme a du apprendre à natter la paille pour son propre confort. Dans certains villages, les femmes  se faisaient concurrence pour connaître celle qui aurait filées la natte la plus belle avec les plus beaux dessins et pourvues du plus grand confort grâce aux rejets volontaires des pailles filées à l’inverse ; comme pour former un matelas).

-Aux alentours et parfois au centre des villes nous trouvons ensuite une caste de main d’œuvre au service d’éleveurs de bétail : on les appelle des  ‘qowsaaro’ (des hommes qui passent des fermes en fermes , tôt le matin, afin de traire les vaches ‘lo’ lisid’, les chèvres etc/…
 
Sans oublier la caste des artistes : dont font partie les :
-Les ‘Yibir’ : ( voir faal ) Des sorciers – poètes - guérisseurs : ils participent à tous les événements de la vie du village ;

En marge des ces castes on trouve , toujours marginalisée mais pas interdite :

3) - une population métisse qui a en main pratiquement toutes les mouvements commerciaux : elle est le plus souvent d’origine arabo - yemenite , indienne ou pakistanaise : on les désigne par le terme 'gibil-cad' = peau blanche ;

4)- Enfin,tout en bas de l’échelle sociale nous avons  une population de cultivateurs non visible mais prépondérante dans le Sud .
Elle est non visible pour la plus grand parties, car ceux dont entend parler sont surtout les grands propriétaires terriens , qu’ils soient étrangers ou des fonctionnaires qui investissent dans les terres.
Les vrais cultivateurs ' beeraaleey' eux, ne possèdent pas la terre : ils disposent la plus part du temps d’un lopin de terre qu’on leur cède contre leur travail .
Bien qu’étant  donc les vrais détenteurs de la science agricole , de la connaissance et des arcanes de cette terre noire et fertile du sud et des caprices des Webi Juba et Webi Shebelli, il n'y a pas d'intégration pour eux, les frontières restent étanches : pas d’intermariage, pas de liaison inter clanique, pas d’échange traditionnel et surtout pas de transmission du savoir.

Voilà comment les vraies artisans de l’économie agricole de l’époque , qui avaient réussi à alimenter non seulement les marchés habituels, mais aussi , par les réserves des graines dans les silos disséminées dans le sud, a sauver bien des vies, ce sont trouvés au ban de la société , traquées et contraint à s’exiler.

A ce point du tableaux force est de constater que  l’artisanat , la pêche, le commerce, l’agriculture et bien d’autres domaines ont toujours été réservées aux castes marginaux : les castes dominante, nomades , éleveurs et citadins dépendant complètement de ces peuples satellites en orbite autour d’un monde sur son déclin.
Alors lorsque ce monde perd de son attraction nous assistons à l’effondrement de toute une civilisation : qui , bien sûr continuera à survivre mais aura perdus un immense savoir dont la transmission n’aura pas eu lieu.

Aujourd’hui je ne puis m’empêcher de me questionner sur la localisation actuelle de ces peuples perdus ; ces peuples qui hier encore faisaient plier la maïs, enraciner le manioc ?

Que sont devenus ces terres privées de la magie des intermédiaires du visible et de l’invisible ?

Qui a donc intérêt a laisser à l’abandon, le cœur même de l’équateur ?

La société somalienne se rendra-t-elle compte des terrible conséquences de ce qui se cache derrière son système tribale dont les racines baignent hypocritement dans un racisme primaire et stupide ?

Pourquoi ne voient-ils pas qu’il n’y a pas d’avenir sans la terre  et que les vrais auteurs et faiseurs des civilisation sont ceux-là même qu’ils s’évertuent à rejeter en dehors de leurs lignages si hautement placées et si terriblement fragiles ? aaa

" Malaas, Malaaqeey ka baxdaa. Tugul, Tumaaleey ka baxdaa. Jareer, Adooneey ka baxdaa"

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