peuple - memoire de vie et de vue
 
Nomades sur les fils du temps et des racines...  
  le peuple ::
  " Quraanka iney khiirootoo, aan qaado Khassiidadeediihiye...." ( hees )
Mémoire de vie et de vue

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, c'est par le chant, par les rites que se transmettait la mémoire collective des somalis.
Les femmes du foyer, adeptes du 'Barambur' et les grands-parents par leur "Shirib" relataient les unes : les racines, les louanges, lors des cérémonies de mariage. Les autres décrivaient et mimaient une bataille, un exode ou relataient des souvenirs de fêtes, de sécheresse telle que celle appelée 'abaartii dabadheer' = la sécheresse à la longue traîne = une longue période de sécheresse qui s'étale de 1973 à 1975 ; ou celles lointaines qui servent encore aujourd’hui, pour une tranche d'âge de la population somalienne, d'une sorte de 'calendrier' pour comptabiliser les années.

C'est donc cette mémoire chantante, qui scande la vie des enfants et des adultes, et par la quelle se transmette ce qui compte le plus dans la culture somalie, que nous aborderons dans ses différents formes: heeso/ chants; ciyaaro/jeux; gabayo/poesie; sheekooyin/contes et légendes; croyances et rites etc.

subeecyo

Point de vue

...Aujourd'hui des cris se lèvent avec une tragique et persistante monotonie, de l'intérieur de ce même pays qui un jour pleurait pour un autre.
La Somalie n'est plus qu'une plaie ouverte. Et les Somaliens, malgré leurs efforts pour rassembler le peu de force qui leur restait afin de reconstruire un semblant de vie viable, n'obtiennent pas le peu de répit qui leur est nécessaire. Des éléments intérieurs et extérieurs semblent se liguer afin de compromettre le processus de stabilisation qui s'était amorcé voilà déjà quelques années.

De ces éléments, ceux à l'intérieur ont depuis déjà longtemps été identifié, reconnus et court-circuités : la vie s'est amorcée, les gens ont recommencé à reconstruire leurs vies, leurs villes, villages et quartiers, les marchés fleurissaient, le retour à la terre était acquis, et pour l'avoir vécus à travers ma propre famille, toujours installés à l'intérieur, je puis en témoigner en connaissance de cause.

Cette stabilité, pourtant nécessaire et primordiale pour la suite des événements, est depuis quelque temps en butte à la méfiance, et l'insécurité extérieure.

Pour bien suivre la logique de ce raisonnement il faut tout d'abord connaître le mode de fonctionnement actuel de la vie des familles en Somalie :

Depuis la guerre civile toutes les structure étatique, privés, personnels ont été détruits. Rien ne subsiste, et malgré un gouvernement provisoire, ces structures ne fonctionnent pas encore.
De ce fait, la question est : " comment vivent-on alors ? Où est ce que tous le monde est devenu réfugié en occident ? "
Là où il n'y a plus de production, plus de marché, plus d'échange de quelque manière que ce soit -ce qui est le cas de toute guerre civile- les familles se sont comme scindés en deux :
-une partie à émigré à l'étranger : avec la lourde charge de soutenir financièrement la partie restée à l'intérieur.
Et là un autre élément entre en jeu : c'est la voie qu'emprunte ce soutien financier qui pour la plus part s'adresse aux éléments les plus faibles du maillon : vieux, enfants, femmes resté en arrières. Ces personnes, en raison de la défaillance des structures financière, de communication routière ou autres, doivent être retracés afin que l'envoie financier leur soit remis. Point de Banque, point de Poste, et là dans ce vide, une structure s'est crée :

le XAWAALE

Le " xawaale ", un réseaux téléphoniques qui à peu de frais, et en 48 heures retrace la personne demandée et les met en contact téléphonique : Rassurant à tous les niveau n'est ce pas ?
Cette forme de transit qui fonctionnait depuis déjà bien longtemps, a tout d'un coup été remis en question. Et là, à l'autre bout, la vie a été mise en suspens. Peut-on agir ainsi, sans se demander comment cela allait finir ?

Et comme si cela ne suffisait pas, la menace d'un bombardement, permanent dans son imminence, est décrété.

Les cris de désespoir venant de là étaient tellement insupportables, qu'un de mes parents-a préférés partir le mois dernier pour porter lui-même le peu d'argent recueilli par nos soins, et choisi par-là de mourir avec l'autre moitié de sa famille, dans le cas d'un bombardement "punitif"…

On parle dans certaines civilisations du karma d'un pays, d'un peuple ou celui d'une personne : celui de notre pays doit vraiment être négatif, mais grâce au ciel qu'il vienne à maturation maintenant et pas plus tard.

Souhaitons que d'autres ne chargent pas les leurs par leurs actions.- aaa retour

 
 
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