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Nomades sur les fils du temps et des esprits...  
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      " La magie noire et la magie blanche ne sont pas des forces différentes : c'est l'application soit destructive soit constructive de la même force ". JdH
faal : le pouvoir des ancêtres II
 

Cet exposé sur les pratiques divinatoires et magiques dans la région du Benadir et du Basso Juba, notamment dans cette zone dite " Dhoobeey " n'a nullement la prétention d'être une œuvre scientifique, elle ne fait que relater un certain nombre de pratiques observées et vécus par l'auteur.-

Depuis des temps immémoriaux l'homme a toujours cherché la réponse à ses questions dans les étoiles et appuyé ses actions sur les signes de la terre: la divination a donc toujours existé, sous différentes formes certes, mais en règle générale elle servait à désigner la connaissance du futur, du passé, de l'espace nous entourant d'une part, et, d'autre part de l'occulte. Elle a existé chez tous les peuples de l'antiquité et on la retrouve profondément enracinée dans les sociétés dites "primitives".

La divination seule ou associée à la sorcellerie était un aspect important de la vie sociale, et le reste encore parfois. Et tout cela pour plusieurs raisons : acquérir le savoir, dévoiler l'occulte, effacer cette peur de l'inconnu, car celui qui détient la connaissance détient le pouvoir.

Pour le commun des mortels l'univers entier est rempli de mystère, toute réaction négative ou positive n'est jamais naturelle : à la source de toute entrave on trouvera, on cherchant bien, une intention de nuire, qu'elle soit le fait d'un vivant ou d'un mort ; le futur lui-même est soumis à la décision du devin : sa science est mise à contribution pour toutes les décisions les plus importants pour la tribu : voyager, échapper à un ennemi, conclure une affaire etc. et le devin indiquera la route à suivre pour rentrer dans les bonnes grâces du sort contrarié, ou pour ne pas en dévier.

Effectuée soit à travers un intermédiaire entre le ciel et la terre, c'est à dire à travers un officiant qui croit alors se mettre en contact avec l'au-delà et avec des êtres passés telle que des êtres supérieurs (ancêtres), soit par l'utilisation d'instruments telle que des cartes, " shax " ou les étoiles, cette divination s'exerce le plus souvent à travers l'intuition, la vision, le pressentiment : nous entrons alors dans le domaine de la voyance pure.

Avant l'arrivée de l'Islam, les Somaliens pratiquaient une tradition empreinte de folklore et de culte des ancêtres, aujourd'hui encore on assiste à des cérémonies où on fait des sacrifices aux ancêtres, aux défunts pour qu'ils protégent la descendance.

L'ancêtre, défunt ou vivant, à un rôle primordial au sein du clan, il est pourvu d'une sorte de pouvoir sur sa descendance, il est révéré et écouté, on dit qu'il est " qof barakeysan " et de ce fait on va vers lui ou elle afin de récolter sa bénédiction, et on veille à ne pas les contrarier pour ne pas s'attirer les foudres de sa colère présente ou future : un exemple en est lorsqu'un jeune homme ou une jeune fille est sur le point de prendre une décision qui s'oppose à celle de sa famille (par exemple : se marier en dehors du clan), le père, la mère ou le conseil tribal, lui mettent alors le marché dans les mains avec ce genre de proposition :

qori sec" Qori cad ama Qori cagaaran, kala dooro. "qori vert

(choisi entre une branche séche ( cad = blanc) ou une branche verte).

Ce qui équivaut à choisir une vie future pourvue de descendance ou au contraire stérile dans tous les sens du mot...

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