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  Faal ::
     " "Les devins, … tout en annonçant aux autres l'avenir, ne prévoient pas ce qui les attend eux-mêmes." ( Xéno..)
faal : sorcières et devins IV

Nous venons de voir que les réponses s'interprètent dans un sens favorable ou défavorable selon la position des " Alleellada " ou de la figure de l'ensemble des lignes tracées dans la cendre ou dans la poussière et des formes qui en sortent .

Cependant certains 'Faal' peuvent ignorer les questions et le sujet visé et dessiner toute autre chose concernant une autre personne qui se trouverait par hasard dans sa zone d'influence : il y eut un épisode de ce genre lorsque deux amies se rendirent auprès d'un devin, seule l'une d'elle était en demande, mais il n'eut aucun moyens de lire pour elle, à chaque lancées, le 'Faal' sortait pour l'autre et à chaque fois il tombait juste pour elle : le devin en conclut que cette femme avait un 'Burji' plus fort que l'autre et qu'il fallait non seulement séparer les deux femmes, mais qu'il fallait en éloigner une à des kilomètres de distance.-

Il semblerait que cette pratique procède de la géomancie musulmane, et sa diffusion serait liée à la venue des arabes dans la région.

Sorcières et Devins

Ainsi que nous l'avons mentionné auparavant certains devins, afin de passer inaperçus, endossent le rôle de maître spirituel, appelé aussi Griots " Yibir " : dans ces cas ils deviennent partie intégrante de tous événements tels que les circoncisions, les mariages, les funérailles.

Et selon les occasions ils sont tour à tour : guérisseurs, musiciens, sorciers, conteurs, magiciens, envoûteurs ; ils sont aussi la mémoire des familles, dont ils connaissent le moindre secret - on ne les appelle jamais, ils sont là pour toute cérémonie, comme par miracle: certains racontent qu'en réalité ces personnages ont leurs espions parmi les différentes tribus, ils surveillent les femmes enceintes, sont à la base de tout contrat sociale tel que les mariages, ils sont au courant de toute maladie, ainsi il leur est très facile de tabler sur la guérison ou la mort des personnes.
Et à ces occasions, avant même de les voir sur les lieux, on les entende. On entend leur litanie commencer à l'autre bout du village.
On les voit s'avancer lentement, personnages pittoresques, habillé d'une longe chemise, un " gô " sur l'épaule, leur bâton " bakoorad " de pèlerin à la main et plusieurs grandes chaînes (tusbax) autour du cou ; l'autre main sur l'oreille, les yeux fermées, tout dans leur récitation de l'arbre généalogique des intéressées, ainsi que les louanges de rigueurs, ou de regrets selon les circonstances. ( Ils ont toujours avec eux un élève qui les suit, pour les aider dans la récitation ou, simplement les guider dans le cas ou le griot serait aveugle).

A l'autre bout de l'univers occulte, il y a le sorcier " Sixiroole " : sa pratique ne se borne pas à la seule divination, il a une vaste connaissance des remèdes à base de plantes et soigne à l'aide de décoctions de feuilles ou d'écorces. Les noms des plantes, les maux qu'elles soignent, leur mode d'emploi, ont fait l'objet d'un véritable enseignement de la part d'un maître.

Ainsi que nous l'avons mentionné plus haut, Sixiroole et Griots ont tous deux des élèves sous certains conditions.
Pendant plusieurs mois, ou plusieurs années, l'apprenti vivra aux côtéx du maître, le servant comme un domestique, apprenant en échange les secrets de son art. il en est de même pour le " Griots " de confession musulmane ; il s'agit pour la plus part du temps, d'un apprentissage plus ou moins long, plus ou moins sévère ; au bout duquel il y a pour l'élève la promesse de ne plus manquer de rien.

IV
 
 
 
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