faal : Transfert de sort
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    "La magie noire et la magie blanche ne sont pas des forces différentes : c'est l'application soit destructive soit constructive de la même force ". JdH"
faal :  Transfert de sort VIII

L'homme lassé d'avoir en vain imploré le ciel s'adresse donc à l'Enfer.

Dans la chaleur moite de la jungle africaine, bien peu d'animaux, qu'ils soient " rabbaayad " ou " dugaag ", ont la chance d'échapper au destin du 'transfert de sort' (1), que cela soit temporaire ou définitif.

L'acte de sorcellerie portant préjudice à ces animaux à donc toujours pour origine l'homme et sa sphère d'influence spirituelle. L'homme et ses incertitudes ainsi que ses névroses trouvent un exécutoire dans des cérémonies au cours desquelles le sixiroole, entre en transe et procède au transfert des négativités de l'homme vers l'animal choisi à cet effet, afin d'opérer la guérison.

A cet égard, il faut tout d'abord distinguer entre animaux de sacrifice et animaux de 'transfert de sort' : ces derniers font dûment l'objet d'une recherche pointilleuse suite au rêve du " sixiroole " grâce à son 'esprit possesseur'. Il s'agit souvent d'animaux assez spéciaux, avec des signes distinctifs bien marqués, que le malade ou sa famille - dans le cas où le patient serait la proie d'un esprit malveillant - doit rechercher, souvent au prix de grands sacrifices.

Au cours d'une cérémonie assez particulière, le sixiroole en transe invoque ses esprits protecteurs et verse sur le malade une mixture préparée par lui, tout en brûlant des herbes et en récitant des formules.

A un certain moment du rituel, des poils et des parties de l'animal choisi sont jetés sur le feu, et un peu de son sang sur le malade : en fin de cérémonie l'animal doit être libéré afin de porter la charge du transfert.

( Rappelez-vous la portée de la possession d'un fragment du corps ou même d'une pièce vestimentaire de la victime potentielle, cela peut tout simplement être le support d'une action magique sur le corps tout entier (guérison ou, a l'inverse, destruction, envoûtement, captation, etc.) Avec des touffes de cheveux, dents de lait, rognures d'ongles, cordon ombilical, etc., on confectionne des amulettes ou des grigris qui serviront à nuire à l'être sur lequel ils ont été prélevés ou à le soustraire à d'éventuels ennemis ; des objets personnels tels que des bijoux, attachés symboliquement a un individu, peuvent servir aussi de support à une action maléfique sur leur propriétaire.)

Par ce procédé, simple en apparence, le transfert des négativités est effectué : conviction mentale ou efficacité supposé de l'artifice, le malade retrouve le plus souvent sa santé physique. On peut dire dans un sens qu'il "s'auto guérit".

Une pratique similaire basée sur la croyance en ce rituel de " transfert de sort ", est en vigueur dans la région de Benaadir où nous assistons au paradoxe d'une société profondément musulmane et pourtant viscéralement convaincue de l'existence de plusieurs types d'esprits, malins ou bienfaisants qui, dans le langage courant sont appelés Jinni, Saar et Wadaado ; ces esprits sont supposés être responsable de bien des maladies physiques et mentales ; et ce phénomène concerne pratiquement toutes les couches sociales. ( voir > faal : parenthèse )

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