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Nomades sur le fil du temps et des traditions...  
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    La femme est le rayon de la lumiere divine. rumi
D comme DUMAAL

En cas de décès d’un chef de famille, la protection et la survie de la veuve et des orphelins était la priorité pour la famille du mort. Cette pratique, bien que très répandue parmi les nomades somaliens, ne leurs était pas réservé : moi-même bien que citadines, j’ai personnellement été confronté à ce choix, à la mort de mon mari.


Je me revois encore, de retour de son enterrement, assise complètement détruite, et en face de moi, un des ses frères qui me proposait le ’dumaal’ en guise de condoléances. Je ressens encore la surprise, ainsi que le sentiment de rejet envers ce que je qualifiait à l’époque, de tabou..


Aujourd’hui , avec le recul, je repense à cette scène avec beaucoup de gratitude et énormément de respect pour le geste de ce frère de mon mari qui n’avait eu aucune hésitation à nous proposer la prise en charge de notre destin. Il était prêt, alors que rien ne l’obligeait, à assumer pour toujours cette charge.


Actuellement bien des voix s’élèvent contre cette pratique et je dois dire que je les comprend, cependant il faut remettre les choses dans leur contexte et les examiner à la lueur des situations propres à chaque famille. Une veuve n’a pas d’obligation autre que celui de la survie de sa famille, et le dumaal, dans la tradition somalienne, n’aboutit pas toujours sur des rapports de mari et de femme, sans le consentement de la femme.


Néanmoins il existe bien des différences entre la pratique du lévirat commun au reste de l’Afrique et le dumaal somalien. Les deux pratiques affichent le même but et ses divers raisons : cependant la pratique n’a as été pervertie en Somalie : étant donnée le niveau économique de chaque famille il serait étonnant que elle se déclenche rien que pour des raisons d’héritage.
Cependant, vu l’évolution de la pratique dans certains pays d’Afrique, je ne pourrais pas continuer d’affirmer cela à cent pour cent.

De ce fait, à la lumière de cette nouvelle réalité, nous devons donc commencer à nous poser en Somalie la question suivante: cette pratique à-t-elle toujours sa raison d’être ? Cette question reste d’actualité, aujourd’hui plus que jamais, alors que la voix des concernées est ensevelie sous une épaisse couche du voile noir de silence.


Cette pratique des ancêtres ne doit pas conduire à l’aliénation des droits de la femme qui vient juste de perdre son mari. Il est du devoir des chefs de tribu et des villages de veiller, en l’absence de réglementation ou des moyens de son application, à ce que que la procédure soit respecté et que les biens du mort soient dévolues à sa famille et non détournées par un soi-disant sauveur de la famille.Il est de leur responsabilitè de superviser la passation de vœux et à veiller au respect de leur application.


Je sais qu’il est vain d’espérer que des hommes soient prêts à écouter la voix de la justice : ou d’attendre que les décideurs soient des femmes.
Bien qu’il soit trop tard pour la Somalie : cependant dans d’autres pays d‘ Afrique où les structures sont entières, les gouvernants peuvent intervenir pour réglementer cette pratique ; et là ou les organisation humanitaire agissent encore, il est primordiale de faire passer le mot que le ‘lévirat ‘ n’est pas une fatalité et que le choix reste entier.-
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