Objets et lieux usuels
 
Nomades sur les fils du temps et des saveurs...  
  Cuisine ::
    "Dibi geeslahiyo, ida godol madow/ waa waxa dhulkeena u gaar ahe/ laynagu gartee...'(chanson somalienne).
objets et lieux usuels

Instruments de broyage

En matière de broyage, les maisons étaient équipées d'un mortier en bois : grand ou petit ; cependant l'instrument le plus utilisé était uneroche énorme pourvue d'un pilon que ma mère avait réussi à se procurer, il était dans un coin de la maison, et on y broyait tout là dessus : on pouvait passer des piments au sorgho en la lavant avec de l'eau tout simplement, les goûts ne se mélangeaient pas : appelée 'shiid' du verbe 'shiidid' = broyer, ou 'maxdin' : il était un élément important dans la cuisine de ma mère.

Modes de cuisson

La cuisson habituelle dans la cuisine somalienne, consiste à faire revenir la viande ou tout autre ingrédient dans du beurre clarifié ou d'huile, et ajouter ensuite les épices..
Cependant certaines viandes, telles que du jeune cabri ou de l'agneau sont cuit à la braise ou rôti à la broche ou au four. Après ce traitement la viande fond dans la bouche! Elle s'appelle alors ' hilib dhayle' : hilib = viande dhayle= jeune.
Tout le long de la voie qui menait de Moga à Afgooye on pouvait dénicher, caché sous les branches des 'Qurac' replié sur eux-même pour en faire une sorte d'abri, des restaurants qui servaient ce type de viande qu'on se dépêchait de manger avec les doigts tellement elle était tendre. Ces lieux étaient aussi très réputés comme des lieux de rendez-vous secrets.

Suuqyada = les marchés

suuqa xoolaha

A l'époque il existait trois grands marchés appelés "suuq". Celui qui était le plus riche en produit, à mon humble avis, était celui de "SHIBIS", mais comme il était celui de mon quartier de Boondheere- juste à la frontière de 'maanabooliyo', on pourrait me taxer de favoritisme.

On y trouvait des fruits parfumés et dorés au soleil, tous ce qu'il fallait pour les salades somaliennes, les condiments et les épices, du pain frais, bien que dans la plus part du temps c'était le pain frais qui arrivait tout droit à la maison: en effet dés le matin très tôt on entendait crier le garçon du boulanger dans les rues, sur son dos un panier plein de 'rooti , furan 'frais.

Le lait frais arrivait aussi tout droit du producteur : chaque famille avait ou des parents ou de contacts dans les milieux des éleveurs, (car on se méfiait des coupeurs de lait " caana barax ") et signait avec eux une sorte de contrat dit " rukun "; et selon la quantité de lait désiré, on avait droit au :

- dhalo yareey =petite bouteille

- dhalo weyn =grand bouteille

- dhuceey = trés petite bouteille 1/4 L

Ce lait pouvait ensuite être traitée de façon traditionnelle pour sa conservation: c'est la méthode de 'cugidda dhiisha';

Quant au lait de chameau : frais ou caillé appelé 'caana garoor' dans le sud et 'jinow' dans le nord, on le trouvait au marché. Ainsi que du beurre ou du subag sixin; ainsi que toutes les viandes d'élevage: mouton, agneau, chèvre, vache, taureau, chameau, poulet.

Plus important et plus saisonnier, il y avait aussi le marché aux bestiaux 'suuqa xoolaha' : c'est l'arène de vente aux enchères des animaux - brebis, cabris, chèvres, …- un endroit haut en couleurs. Un lieu fait pour voir les bêtes de plus près, les tâter, les ausculter et en marchander les prix durant des interminables discussions à bâtons rompus 'gorgortan'; c'est là que les gens allaient s'approvisionner pour les fêtes du ' ciid ' et pour les ' xus' et 'mowliid' : des fêtes et des commémorations.-

Le mot 'ciid' = fêtes ; ce mot signifie aussi 'sable' le 'd' est alors plus doux et cela ne s'arrête pas là.-

 
 
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